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En 2024, près de 3 000 patientes ont été prises en charge au Centre Léon Bérard de Lyon pour un cancer du sein et l’équipe de sénologie a réalisé plus de mille interventions chirurgicales. Récemment, la Dre Delia Dammacco a mené à bien une première locale : une mastectomie mini‑invasive endoscopique bilatérale, destinée à limiter l’impact esthétique et fonctionnel de la chirurgie tout en conservant l’efficacité oncologique. Cette technique modifie la lecture classique de la mastectomie et suscite un réel intérêt chez les patientes soucieuses de récupération rapide et d’une cicatrice discrète. Vous trouverez ici les points clés sur la méthode, ses indications et ses bénéfices pour mieux comprendre cette option émergente.
Qu’est‑ce que la mastectomie endoscopique?
La mastectomie endoscopique consiste à retirer la glande mammaire par une voie d’abord réduite, en recourant à un endoscope pour guider le geste. L’intervention se réalise généralement par une incision axillaire et l’espace opératoire est créé par insufflation de gaz et dissection sous‑cutanée assistée par caméra. Cette approche cherche à préserver l’enveloppe cutanée et à minimiser les traces visibles sur le sein.
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Technique opératoire
Le chirurgien effectue une unique incision cachée sous le bras et introduit un endoscope muni d’une caméra haute définition. Les instruments spécialisés permettent de disséquer et d’extraire la glande mammaire en protégeant au mieux la peau et les tissus périphériques.
Différences avec la mastectomie traditionnelle
Contrairement à la voie ouverte sous-mammaire classique, cette technique réduit la longueur de la cicatrice et la rend souvent invisible au premier regard. Les gestes sont guidés par l’image et nécessitent une expertise spécifique en chirurgie endoscopique et en reconstruction mammaire.
Objectifs esthétiques et oncologiques
L’objectif principal reste le contrôle local de la maladie. Parallèlement, l’intervention vise à améliorer l’aspect esthétique post‑opératoire et à diminuer la douleur et l’inconfort liés à une grosse incision thoracique.
Quels avantages pour l’esthétique et la convalescence?
La mastectomie mini‑invasive offre une cicatrice plus courte et dissimulée sous l’aisselle, souvent de 3 à 4 cm au lieu des 8 à 10 cm classiques. Ce positionnement limite l’impact visuel sur le thorax et facilite le port de vêtements ajustés sans marque apparente.
Sur le plan fonctionnel, les patientes rapportent des douleurs postopératoires atténuées et une récupération plus rapide de la mobilité du bras. Les gains en confort immédiat peuvent se traduire par une réintégration sociale et professionnelle anticipée.
Qui peut bénéficier de cette procédure?
La sélection des patientes demeure strictement encadrée afin d’assurer sécurité oncologique et qualité reconstructrice. Cette option s’adresse principalement aux femmes dont la tumeur mesure moins de 5 cm, reste éloignée de l’aréole et n’implique pas la peau.
- Patientes en mastectomie thérapeutique avec tumeur localisée.
- Personnes candidates à une mastectomie prophylactique porteuses de variants à haut risque tels que BRCA1 ou BRCA2, TP53, PTEN ou PALB2.
- Morphologie adaptée : bonnets inférieurs à C et seins peu ptosés.
Comment se déroule l’intervention et la reconstruction immédiate?
L’intervention commence par la seule incision axillaire, sous laquelle le chirurgien crée un espace de travail par insufflation et dissection endoscopique. Une fois la glande retirée, il est possible de poser un implant en séance si la patiente et l’équipe pluridisciplinaire valident la reconstruction immédiate.
La reconstruction par implant évite une seconde intervention différée et permet de restaurer rapidement le volume mammaire. Une surveillance rapprochée en postopératoire et des contrôles oncologiques restent indispensables.
Quels sont les risques et quelles limites existe‑t‑il?
Comme toute technique chirurgicale, la mastectomie endoscopique comporte des risques : hématome, infection, complications liées à l’implant et éventuelles difficultés techniques qui imposeraient la conversion en voie ouverte. Le bilan préopératoire, l’évaluation morphologique et la réunion de concertation pluridisciplinaire diminuent ces risques.
La disponibilité de la procédure reste limitée à des centres formés et expérimentés, ce qui explique sa diffusion encore restreinte en France. L’avenir dépendra des études comparatives sur le plan oncologique et fonctionnel.












