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Sur les réseaux, une vidéo du psychologue clinicien Fernando Azor a relancé le débat sur l’usage de l’alprazolam — parfois commercialisé sous le nom Trankimazin — pour apaiser les crises d’anxiété. Le message retenu par beaucoup est simple : la pilule calme rapidement le corps et les émotions, mais elle ne remplace pas l’apprentissage nécessaire pour mieux gérer l’anxiété sur le long terme. Ce texte explique comment fonctionne ce médicament, quels sont ses limites et quels exercices thérapeutiques aident réellement à récupérer une autonomie face à l’angoisse.
Comment l’alprazolam agit-il sur les crises d’anxiété ?
Sur le plan neurobiologique, l’alprazolam appartient à la famille des benzodiazépines. Il module les récepteurs GABA du cerveau, ce qui diminue l’excitabilité neuronale et réduit la sensation d’urgence émotionnelle.
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Effet sur le corps
La fréquence cardiaque ralentit, la respiration se fait moins superficielle et les tensions musculaires s’atténuent. Ces changements physiologiques offrent un répit tangible en quelques dizaines de minutes.

Effet sur les émotions
Les pensées catastrophiques s’éloignent et l’intensité de la peur descend. Le vécu subjectif devient plus supportable, d’où l’impression de « remettre de l’ordre » à l’intérieur.
Durée et temporalité
L’action reste généralement courte et nécessite une prescription pour un usage limité. Les professionnels préconisent une durée maîtrisée afin d’éviter les effets indésirables liés à une exposition prolongée.
Pourquoi l’effet rapide peut-il devenir un piège ?
Le confort immédiat créé par le médicament a un coût psychologique inattendu. En atténuant systématiquement la montée d’angoisse, le cerveau perd des opportunités d’apprendre que ces sensations peuvent être supportées et résolues sans fuite.
Quand la pilule devient la réponse automatique à chaque vertige ou palpitation, la dépendance comportementale augmente. Les risques comprennent une tolérance croissante, un arrêt difficile et parfois une amplification des symptômes lorsque la molécule n’est plus disponible.
Quels exercices en thérapie améliorent la tolérance aux crises d’anxiété ?
Le cœur du traitement durable ne se fait pas dans une boîte mais dans des tâches répétées avec un thérapeute. Ces entraînements enseignent au cerveau à tolérer l’inconfort et à reclasser les signaux corporels comme non menaçants.
Travail sur les sensations
Rester quelques minutes avec des signes corporels désagréables sans les fuir permet d’observer leur évolution naturelle. Cette exposition progressive réduit peu à peu la peur associée aux symptômes.
Réintégration des situations évitées
Reprendre, étape par étape, les activités ou lieux évités réapprend la confiance en vos capacités. Un plan de montée en difficulté protège contre la surcharge émotionnelle.

Exercices d’attention et d’action
Déplacer le focus de l’intérieur du corps vers une activité concrète diminue l’hypervigilance. La pratique régulière de ces tâches rend le système d’alerte moins envahissant.
- Observer la sensation quelques minutes sans réaction immédiate
- Retourner progressivement dans un lieu redouté selon un plan défini
- Pratiquer des tâches qui demandent attention pour sortir de l’auto-surveillance
Quand faut-il garder le médicament et comment l’arrêter en sécurité ?
Les recommandations médicales favorisent un usage court et strictement encadré de l’alprazolam. La prescription doit préciser la durée, et toute modification nécessite un avis professionnel.
Arrêter brusquement peut entraîner un rebond de l’anxiété ou provoquer des symptômes de sevrage. Il est crucial d’effectuer une réduction progressive sous supervision médicale et de signaler rapidement toute aggravation, consommation d’alcool associée ou pensées suicidaires.












