Course et cancer : courir des marathons augmente-t-il le risque selon les oncologues ?

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La course à pied séduit de plus en plus d’adeptes et les marathons attirent aujourd’hui des amateurs et des compétiteurs de tout niveau. En même temps, des travaux récents interrogent le lien entre pratiques d’endurance extrêmes et santé digestive, notamment le risque de développer un cancer du côlon après des années d’entraînements intensifs. Cette réflexion mérite votre attention si vous enchaînez marathons ou ultra-trails et que la prévention compte pour vous.

Quelles observations a rapporté la première étude américaine ?

Un chercheur américain a publié une petite étude qui a attiré l’attention des spécialistes. Le travail montre une fréquence surprenante de polypes chez des coureurs jeunes et entraînés.

Les auteurs ont mis en évidence que certains polypes étaient de nature avancée et, par conséquent, potentiellement précurseurs d’un cancer du côlon si l’évolution n’est pas suivie. Ces résultats ont été présentés dans la revue Cancer Epidemiology.

Qui étaient les participants examinés ?

Les profils choisis permettent de questionner spécifiquement les effets d’une pratique très régulière et intense.

Âge et expérience sportive

Les participants avaient entre 35 et 50 ans et justifiaient tous d’une longue expérience en course à pied. Ils avaient pris part à au moins cinq marathons ou à deux ultra-trails.

Type d’épreuves couvertes

Les courses étudiées incluaient aussi bien des marathons classiques de 42,2 km que des épreuves beaucoup plus longues, où l’effort se prolonge sur des heures, voire des jours.

Examens réalisés

Chaque coureur a bénéficié d’un examen du côlon, ce qui a permis d’identifier la présence et la gravité des polypes détectés.

Quels chiffres et comparaisons sont à retenir ?

Les résultats montrent qu’environ la moitié des participants présentaient des polypes lors du dépistage. Ce taux dépasse nettement ce qu’on observe habituellement chez des personnes du même âge.

Le détail le plus préoccupant indique qu’environ 15 % des coureurs avaient des formes considérées comme avancées. Dans la population générale autour de la quarantaine, ce type d’anomalie se situe plutôt entre 1,2 % et 6 %, selon les données de dépistage.

Quelles hypothèses expliquent ces anomalies ?

Plusieurs mécanismes potentiels méritent d’être explorés pour comprendre le lien entre efforts extrêmes et polypes.

Stress physiologique et inflammation

L’entraînement intense répété provoque des réponses inflammatoires et un stress oxydatif qui pourraient altérer la muqueuse intestinale sur le long terme.

Modifications du microbiote intestinal

Des kilomètres accumulés modifient parfois le microbiote. Ces changements peuvent influencer la santé colique et la formation de lésions précancéreuses.

Mode de vie et dépistage différentiel

Les habitudes alimentaires, la prise de compléments et la fréquence des examens médicaux chez les sportifs peuvent aussi biaiser l’apparence d’un sur-risque ou au contraire masquer certains facteurs.

Quelles suites pour la recherche et que pouvez-vous faire ?

Le Dr Timothy Cannon prévoit une étude plus vaste impliquant environ 300 coureurs afin de confirmer ces données initiales et d’étendre l’analyse aux triathlètes et aux cyclistes de compétition. L’objectif consiste à déterminer si le phénomène est spécifique à la course à pied extrême ou commun à d’autres sports d’endurance.

Si vous pratiquez la course à pied de manière intensive, il reste pertinent d’en discuter avec votre médecin. Voici quelques recommandations pratiques à considérer

  • Évaluer les antécédents familiaux et les facteurs de risque digestifs avec un professionnel de santé
  • Respecter les recommandations locales de dépistage colorectal et signaler tout symptôme digestif persistant
  • Adapter l’entraînement et la récupération si des signes de fatigue ou d’inflammation chronique apparaissent

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